« Crois en toi et tout sera possible. » C’est particulièrement vrai dans le cadre des changements de comportement en santé.

Le concept d’auto-efficacité a été développé dès 1977 par Bandura, qui partait du principe que, même si l’efficacité personnelle réelle a une influence, « la capacité d’une personne à entreprendre certaines actions dépend largement de sa croyance dans cette capacité » et que donc « la capacité d’un patient de changer dépend principalement de l’idée qu’il se fait de sa capacité de changer ».
L’auto-efficacité correspond donc à l’autoévaluation de sa capacité, c’est-à-dire de son efficacité perçue dans un domaine précis.

Le sentiment d’auto-efficacité sera influencé par quatre sources :
- les expériences antérieures (surtout si elles sont en lien avec l’activité ciblée),
- l’apprentissage vicariant (issu de l’observation de personnes réalisant des tâches similaires à celle visée),
- les messages reçus (en lien avec l’activité de type suggestions, encouragements…)
- et les états émotionnels et physiologiques (le stress, la fatigue et l’anxiété ont une mauvaise influence alors que les émotions positives favorisent le sentiment d’auto-efficacité).
❇️ L’auto-efficacité se reposera également sur la capacité de l’individu à mobiliser des compétences dans une situation précise ; ces compétences sont multidimensionnelles et dépendront de la tâche évaluée.

Saviez vous que ce concept cognitif, motivationnel est si ancien ?
Comment le mettez vous en pratique dans votre quotidien de soignant ou d'éducateur ou d'enseignant ?

Quelques infos supplémentaires appliquées à la diversification alimentaire des enfants et au sentiment d'auto-efficacité des parents :

Parfois, les parents ne se sentent pas compétents face aux difficultés que peut rencontrer leur enfant. Un sentiment de culpabilité de ne pas y arriver peut en découler. Mais d'où cela vient-il ?
Malgré toutes les recommandations et possiblement à cause du fait qu’elles soient nombreuses, strictes et parfois changeantes, certains parents (ou professionnels de santé d'ailleurs) peuvent se sentir perdus et ne plus savoir que faire de toutes ces informations lors de la diversification alimentaire de l’enfant. Ainsi, la perception de sa capacité à réaliser une diversification alimentaire de qualité ne sera jamais assez satisfaisante pour pouvoir trouver une complète motivation pour s’engager pleinement dans ses modalités, et ce malgré une volonté de bien faire pour son enfant.
Les parents ne savent pas forcément que des recommandations ne sont que des repères donnés à titre indicatif qui doivent être adaptées car chaque enfant a des besoins différents.

Ce sentiment d’incompétence parentale peut aussi venir du fait d’essayer de se comparer à d’autres parents sans connaître la réalité de leur quotidien. Les parents peuvent ainsi se sentir jugés, vulnérables à la critique.
Le corps est en effet depuis longtemps gouverné par nos systèmes de croyances, les inculcations éducatives, les impositions sociales.
A l’inverse, lorsque certains parents arriveront à faire quelque chose qu’ils estiment être bien pour leur enfant, même si ce n’est pas de suivre les recommandations, ils se sentiront valorisés !
De plus, les parents ont du mal à percevoir les résultats que pourraient donner une parfaite diversification alimentaire, alors que la perception des résultats de l’engagement donné est essentielle pour avoir une impression d’auto-efficacité.
Et, n’ayant plus confiance en leur capacité d’agir et de faire des choix, nous ne laissons plus aux parents leur véritable rôle. Dans ce cadre, il leur est d’autant plus difficile pour eux de se sentir compétents.

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